Ce soir, tu n’as rien à accomplir. Pas de liste. Pas de dernière chose « juste avant de dormir ». Rien que ceci : ta tête qui se pose, et la nuit qui s’ouvre devant toi comme une pièce vide et silencieuse, où personne n’attend rien de toi.
Tu te souviens peut-être de l’enfant que tu étais, celui ou celle qui savait s’arrêter sans qu’on le lui demande. Qui pouvait rester là, sans bouger, à regarder le plafond, sans que ce soit du temps perdu. Quelque part entre-temps, on t’a appris que le repos devait se mériter. Ce soir, on désapprend ça, doucement.
Sens le poids de tes épaules qui redescend vers le lit. Chaque muscle que tu tenais sans le savoir depuis ce matin — le long de la mâchoire, entre les omoplates, derrière les yeux — laisse-le se relâcher, un par un, sans chercher à comprendre pourquoi il était tendu.
La soie sous ta joue ne te demande rien. Elle ne colle pas, elle ne tire pas, elle ne retient rien. Elle glisse simplement, à la même température que toi, comme si elle avait toujours été là, patiente, en train d’attendre que tu arrives enfin à ce moment précis.
Il n’y a rien à résoudre cette nuit. Les pensées qui reviennent — la réunion de demain, le mot que tu aurais dû dire autrement, la fatigue accumulée — laisse-les traverser la pièce comme des ombres, sans les inviter à s’asseoir. Elles seront encore là demain, si elles le veulent. Cette nuit ne leur appartient pas.
Respire un peu plus lentement que tu ne le fais d’habitude. Pas pour bien faire — juste pour voir ce que ça fait de ne rien optimiser, pas même ton souffle.
Tu as le droit de disparaître un peu, cette nuit. Personne ne viendra te chercher avant le matin.
Certaines nuits n’ont besoin que d’un peu de douceur pour redevenir un vrai repos.
Voir d’autres contes du soirCe texte est un conte de détente, pas un contenu médical ou thérapeutique. En cas de troubles du sommeil persistants, consultez un professionnel de santé.